Immobilier

Immocitiz après la liquidation judiciaire : fiabilité, frais, projets en cours et alternatives pour investir

Par Anaïs Morel
investisseur immobilier strategies

L’essentiel, si vous aviez un projet avec Immocitiz, tient en trois gestes simples: retrouver des informations officielles sur la liquidation judiciaire, sécuriser vos flux (notaire, banque, paiements), puis déclarer votre créance dans les délais. Si vous cherchiez surtout à comparer des plateformes d’investissement locatif clé en main, l’épisode Immocitiz rappelle une chose très concrète: le rendu peut séduire, mais l’usage doit suivre, et ici l’usage, ce sont les contrats, les garanties et la traçabilité des paiements.

L'article en bref

  • Liquidation judiciaire ouverte le 18/10/2023 (procédure n° 2023-568) : pour décider vite, fiez-vous d’abord aux sources officielles (Bodacc/greffe/annonces de procédure), pas aux pages aux dates incohérentes.
  • Si vous êtes concerné, la priorité est opérationnelle : geler les paiements non indispensables, récupérer tous les documents (mandat, devis, factures, accès chantier) et cartographier les contrats/paiements (Immocitiz, Creacitiz, artisans).
  • Créancier : respecter les délais de déclaration (2 mois après publication Bodacc) et, si pertinent, effectuer aussi la démarche auprès de la garantie financière Galian dans le délai annoncé (3 mois selon l’avis).
  • Côté investissement, retenez l’impact des frais : commission annoncée à 7,7% (min. 7 000 €) calculée sur achat + travaux + notaire, plus un enjeu de transparence sur les rétro-commissions et un risque principal concentré sur l’exécution des travaux.

Ce qu’il faut retenir en 60 secondes

Immocitiz a fait l’objet d’une ouverture de liquidation judiciaire le 18/10/2023 par le Tribunal de Commerce de Nantes, avec une cessation des paiements déclarée au 14/09/2023, procédure n° 2023-568. Pour un investisseur, cela peut toucher des sujets très matériels : un acompte déjà versé, un calendrier de travaux, un interlocuteur qui change, ou des documents qu’il faut récupérer vite pour que le projet ne se fige pas.

  • Réflexe 1 : s’appuyer d’abord sur les sources officielles (publication au Bodacc, greffe, annonces liées au mandataire) plutôt que sur des pages qui évoquent des dates contradictoires.
  • Réflexe 2 : cartographier ce que vous avez signé et payé (mandat, devis, factures), et à qui (Immocitiz, et si applicable la partie travaux via Creacitiz ou des artisans).
  • Réflexe 3 : si vous êtes créancier, agir dans les délais : déclaration de créance « dans les deux mois » à compter de la publication au Bodacc, et, si vous êtes concerné, démarches aussi auprès de la garantie financière Galian dans les « trois mois » selon l’avis.

Immocitiz : activité, périmètre, et ce que l’entreprise ne faisait pas

Immocitiz a été fondée en 2012, puis a pivoté vers l’investissement locatif clé en main en 2014. L’offre se présentait comme un accompagnement sur un projet d’investissement immobilier locatif, avec l’idée de vous faire gagner du temps sur la chasse, le montage et, selon les sources, l’ameublement et la mise en location. En revanche, un point mérite d’être dit sans détour : la gestion locative seule était indiquée comme « non proposée ».

La société mettait en avant des repères déclaratifs : plus de 2000 projets et plus de 390 M€ d’actifs immobiliers. Côté implantation, six villes étaient annoncées : Paris, Le Havre, Lille, Valenciennes, Nantes, Bordeaux. Et côté performance, un rendement net moyen annoncé à 5,5%, avec un positionnement moins orienté « cash flow » que d’autres approches.

Repères d’identification : ce qui est vérifiable

Quand une entreprise traverse une liquidation judiciaire, la clarté commence par l’identité. Immocitiz était une SAS au capital social de 7 500 €, identifiée par le SIREN 790090872. Certaines notices mentionnent R.C.S. Nantes ou Paris : c’est typiquement le genre de variation qui justifie de recouper via des sources officielles.

Le siège social a été transféré au 3, Allée Alphonse-Fillion, 44120 Vertou (décision du 26 avril 2022). Sur l’empreinte publique, LinkedIn indiquait une fourchette de 11-50 employés et 2 517 abonnés. Ce sont des indices d’écosystème, pas une preuve de solidité, mais ils aident à recouper.

Liquidation judiciaire : faits datés, contradictions, et lecture utile

Le point central est daté : jugement d’ouverture le 18/10/2023 (Tribunal de Commerce de Nantes), procédure n° 2023-568, et cessation des paiements au 14/09/2023. Un liquidateur est mentionné : SCP MJURIS, représentée par Maître Aude Pelloquin. Pour éviter toute erreur d’adresse ou d’interlocuteur, fiez-vous aux coordonnées figurant dans les annonces officielles.

Si vous tombez sur des pages qui parlent d’une « liquidation en 2026 », d’une entreprise « fermée définitivement en 2026 », ou d’un arrêt complet « en janvier 2024 », gardez une méthode simple : prioriser Bodacc, greffe, et documents de procédure. Dans un intérieur, on ne juge pas la pièce à la couleur d’un coussin, mais à la circulation et à la lumière. Ici, c’est pareil : on ne juge pas une information à sa mise en page, mais à sa source.

Bon à savoir

Certaines pages en ligne affichent des dates comme « 2026 » sans contredire frontalement le jugement : elles mélangent souvent des notions différentes (jugement d’ouverture, arrêt d’activité, fermeture d’établissement, radiation, ou simple mise à jour d’une fiche). Pour trancher sans vous perdre, gardez une hiérarchie simple : 1) jugement d’ouverture + numéro de procédure, 2) annonces Bodacc associées, 3) éléments administratifs périphériques (fermeture/radiation) qui peuvent être postérieurs et ne changent pas la date d’ouverture de la procédure.

Selon votre situation : ce que cela peut changer concrètement

Les impacts ne sont pas les mêmes selon l’étape où vous en êtes. Avant acquisition, la question tourne souvent autour d’honoraires déjà versés, d’une promesse ou d’un compromis, et des clauses suspensives. Si une acquisition est en cours, le rôle du notaire devient très concret : séquestre, conditions de déblocage, et calendrier. Si les travaux sont lancés, il faut remettre de l’ordre : marchés signés, acomptes, sous-traitants, assurances, et réception.

J’ai souvent vu des investisseurs traiter un chantier comme un tableau d’ambiance : on pense « finitions » et « rendu ». Alors que ce qui change vraiment la sensation d’espace, ici, c’est le calendrier et la traçabilité, parce qu’un mois de retard se traduit en vacance, et donc en pression sur le cash flow, surtout quand le financement est serré.

Si vous êtes client ou créancier : démarches, délais, dossier

Les avis de procédure rappellent un cadre de temps : la déclaration de créance est à faire « dans les deux mois » à compter de la publication au Bodacc. Ce délai est court, et il passe vite quand on attend des réponses. L’objectif n’est pas de produire un dossier parfait du premier coup, mais un dossier lisible, daté, documenté.

espace travail organisé

À qui s’adresser : au mandataire ou liquidateur (SCP MJURIS), et selon les cas au greffe. Selon la complexité, les sources évoquent aussi l’intérêt de solliciter un avocat. L’important, au quotidien, est d’éviter la dispersion : un calendrier, une liste de pièces, et des preuves de paiement bien rangées.

Qualifier votre position et votre créance

Avant d’écrire le moindre courrier, clarifiez si vous êtes client, fournisseur, ou créancier chirographaire, et ce que recouvre votre demande : honoraires Immocitiz, acomptes travaux, frais de mise en location, éventuels trop-perçus. Repérez aussi le cocontractant exact : Immocitiz, et si applicable la filiale travaux Creacitiz.

Ce tri est moins administratif qu’il n’y paraît. Il vous aide à retrouver l’équilibre visuel de votre dossier : une seule ligne de récit, des pièces qui dialoguent entre elles, et aucune zone floue sur « qui a encaissé quoi ».

Déclarer sa créance : mode opératoire simple

La déclaration doit reprendre la référence de procédure n° 2023-568, détailler le montant et son fondement, joindre les justificatifs, et préciser vos coordonnées bancaires. Une bonne pratique consiste à ventiler ce qui relève des honoraires et ce qui relève des travaux, si vous avez les éléments pour le faire. Privilégiez un envoi recommandé, conservez les preuves, et organisez vos relances.

Pour retrouver la date de publication au Bodacc qui déclenche le délai, cherchez l’annonce liée à la procédure. Une référence de publicité est citée : Bodacc / avis 4401JAL20230000001273. Un avis d’état de créances salariales est aussi mentionné avec une référence interne 12440485: sans entrer dans le détail, cela indique que la procédure suit son cours, avec ses étapes.

Notaire et banque : sécuriser les flux et éviter les déblocages inadaptés

Quand un projet locatif clé en main vacille, le confort d’usage au quotidien se joue rarement sur une décision décorative. Il se joue sur les flux financiers. Côté notaire, interrogez le séquestre, les conditions de versement, et les pièces à exiger avant tout paiement. Côté banque, regardez les déblocages travaux : justificatifs, suspension si nécessaire, et traçabilité.

Un point pratique revient souvent : identifier les bénéficiaires effectifs des paiements. Savoir si un virement est parti vers Immocitiz, vers Creacitiz, vers un artisan, ou vers un partenaire, c’est ce qui permet ensuite d’agir au bon endroit, sans alourdir visuellement votre dossier de démarches inutiles.

Astuce

En 15 minutes, faites une “table des flux” : une ligne par paiement (date, montant, bénéficiaire/IBAN, libellé, facture/mandat lié, prestation concernée). Séparez tout de suite honoraires, travaux et paiements à des tiers. Ce tableau vous évite l’erreur la plus fréquente (écrire au mauvais interlocuteur faute de traçabilité) et vous permet de joindre, à chaque démarche (mandataire, garantie, recours travaux), les 2–3 pièces exactement pertinentes.

Garantie financière Galian : comprendre les délais annoncés

Une garantie financière Galian est citée dans les avis, avec Galian Assurances (RCS 423 703 032). Deux éléments sont mentionnés : la fin de garantie « trois jours francs après la publication du présent avis », et un délai de déclaration des créances auprès de Galian dans les « trois mois » de l’insertion. Dans la pratique, l’idée n’est pas d’opposer les démarches : quand c’est pertinent, coordonnez déclaration auprès du mandataire et démarche auprès de la garantie.

Préparez les documents de façon sobre et solide : contrat ou mandat, justificatifs de paiement, correspondances, et éléments montrant une non-exécution. Le lieu gagne en cohérence quand on évite les dossiers « tiroirs », où chaque pièce se contredit.

Tarifs Immocitiz : ce que vous payiez, et pourquoi cela pèse sur la rentabilité

Sur un projet complet, une commission est rappelée : 7,7% calculée sur achat + travaux + frais de notaire, avec un minimum de 7 000 €. Un exemple est donné : pour 150 000 € tout compris, la commission serait de 11 550 €. Ce chiffre est un bon repère pour mesurer l’impact sur un investissement locatif, surtout si votre stratégie repose sur un cash flow déjà fin.

Le sujet des rétro-commissions est aussi mentionné, avec des pratiques variables (artisans, courtiers, notaire partenaire) et un enjeu de transparence. Une tarification alternative apparaît dans un extrait, à recouper : honoraire de vente 5% TTC, mise en location 75% TTC du loyer mensuel charges comprises, gestion locative « à partir de 3,9% TTC » avec 6 mois offerts. Retenez surtout la méthode : demandez la base de calcul, les minimums, et qui rémunère qui, noir sur blanc.

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Travaux et exécution : ce que signalent les retours liés à Creacitiz

La partie travaux est souvent là que l’ambiance se joue, au sens très concret : délais, finitions, coordination, reprises. Une filiale travaux, Creacitiz, est mentionnée, avec « environ 40% d’avis négatifs » (Google Review) selon une source. Une récurrence est signalée : satisfaction élevée au moment du conseil, puis chute en phase travaux, avec des motifs cités comme délais non respectés, qualité des finitions, et problèmes de communication.

Si vous devez relancer un chantier ou basculer vers un autre opérateur, gardez une règle simple : mieux vaut structurer que surcharger. Exigez des devis détaillés, des jalons de paiement, et des documents de réception (PV, levée de réserves). C’est ce cadre qui protège, plus que la promesse d’un rendu.

Vérifications à faire avant de signer, pour éviter de revivre le même scénario

Le bon dosage entre style et praticité, dans un investissement locatif clé main, se traduit par une due diligence très terre à terre : identité, rémunération, travaux, flux, avis. Ce n’est pas du luxe, c’est ce qui rend une maison plus facile à vivre, et un bien plus simple à exploiter.

  • Identité : SIREN ou RCS, siège social, historique, cohérence des documents.
  • Rémunération : commission, minimum, base de calcul, rétro-commissions, et ce qui est inclus ou non.
  • Travaux et argent : assurances, sous-traitance, pénalités, retenue, séquestre, jalons, et traçabilité des paiements.

Si vous aviez un projet Immocitiz : un ordre d’action simple

Commencez par geler les paiements non indispensables, puis récupérez tous les documents : mandats, devis, factures, plans, accès, échanges datés. Ensuite, cartographiez les contrats et les sommes versées (Immocitiz, Creacitiz, artisans). Puis engagez les démarches dans les délais : déclaration de créance « dans les deux mois » depuis le Bodacc, et si concerné, déclaration auprès de Galian dans les « trois mois » selon l’avis. Enfin, sécurisez le chantier avec un état des lieux, les assurances disponibles, et une réception partielle si nécessaire, avec réserves.

Si vous repartez avec un autre acteur, faites-le dans une logique d’ensemble : transparence des coûts, process travaux, preuves d’assurance, clauses de retard, et paiements jalonnés. La pièce respire mieux quand chaque étape est posée, et votre investissement aussi : moins d’incertitudes, plus de contrôle, et un projet locatif qui se tient autant sur le papier que dans la vraie vie.

Questions fréquentes

Immocitiz a-t-elle été liquidée en 2023 ou en 2026 ?
Le repère à retenir est le jugement d’ouverture et les annonces officielles liées à la procédure (Bodacc/greffe), ici datés de 2023. Les mentions « 2026 » vues sur certaines pages proviennent souvent d’un mélange avec d’autres dates administratives (fermeture d’établissement, radiation) ou de fiches remises à jour. En pratique : partez du numéro de procédure et des publications officielles, puis utilisez le reste uniquement comme information secondaire.
Pourquoi voit-on parfois Paris et parfois Nantes/Vertou dans les informations légales d’Immocitiz ?
Une entreprise peut avoir un siège social (adresse “principale”) et, selon les périodes, des établissements secondaires ou d’anciennes adresses. Certaines bases affichent l’un ou l’autre, ce qui crée des divergences (Paris vs Nantes/Vertou). Pour recouper, utilisez les identifiants (SIREN/RCS) et vérifiez l’historique : siège actuel + établissements (actuels/fermés) + dates de transfert.
Si mon projet passait par Creacitiz pour les travaux, est-ce la même créance que vis-à-vis d’Immocitiz ?
Pas automatiquement. Tout dépend de ce que disent vos pièces : l’entité sur le devis/facture/mandat, et surtout le bénéficiaire réel des paiements. La méthode la plus fiable est de ventiler votre demande (honoraires vs travaux), puis d’associer chaque somme à (1) un contrat, (2) une facture, (3) une preuve de paiement vers la bonne entité. C’est cette cohérence “contrat + facture + virement” qui conditionne à qui réclamer et quoi déclarer.
Puis-je déclarer une créance si je n’ai pas encore le montant définitif (travaux non terminés, litige) ?
Oui, l’enjeu principal est de respecter le délai. Quand le chiffrage n’est pas stabilisé, vous pouvez déclarer une créance à titre provisionnel, avec les justificatifs disponibles et une ventilation (honoraires, acomptes travaux, prestations non réalisées), en précisant que le montant pourra être actualisé. Vous complèterez ensuite dès que vous obtenez les éléments manquants (devis de reprise, constats, factures, etc.).