Castorus sert à voir l’historique d’une annonce immobilière et à repérer les baisses de prix pour négocier avec des éléments datés plutôt qu’avec une impression. L’outil peut vraiment aider si vous cherchez sur des portails compatibles et dans des zones assez consultées, mais il a des limites claires : couverture inégale (surtout hors urbain), dépendance aux annonces vues, et pas de suivi des sites de particuliers type LeBonCoin depuis 2017.
L'article en bref
- Castorus affiche l’historique d’une annonce (dates, paliers de prix, modifications) pour négocier sur des faits, pas sur une impression.
- Sa fiabilité dépend surtout du portail et du “trafic” local : en zones peu consultées, l’historique peut être pauvre ou absent.
- La version gratuite suffit pour tester l’outil, mais ses plafonds (15 historiques sans compte, 30 sur 7 jours avec compte) limitent vite une vraie veille.
- Le Premium ne vaut le coup que si votre zone remonte des historiques riches et si vous suivez assez d’annonces pour amortir ~30 €/mois.
Castorus en bref : le bon réflexe avant d’installer l’extension
Si vous avez déjà passé une soirée à revenir sur la même annonce en vous demandant si le prix a bougé, Castorus peut changer le confort d’usage au quotidien dans votre recherche. Son principe est simple : il trace l’évolution d’une annonce (publication, changements de prix, modifications) et vous aide à repérer quand le vendeur ajuste, temporise, ou remet en scène.
C’est particulièrement utile pour les acheteurs particuliers (primo-accédants compris) et les investisseurs débutants à intermédiaires qui veulent objectiver une négociation. En revanche, il faut garder en tête trois limites qui changent vraiment la sensation de fiabilité : l’outil dépend des portails compatibles, il s’appuie sur une collecte communautaire (donc plus riche là où les annonces sont beaucoup consultées), et la couverture est perçue comme meilleure en urbain. Une donnée revendiquée mentionne 34 % de couverture suffisante dans les communes rurales de moins de 5 000 habitants, ce qui invite à tester localement avant d’en faire un pilier.
Ce que vous voyez dans Castorus, et comment le traduire en négociation
Sur une annonce, Castorus met en avant l’évolution de prix et les traces de modifications : date de publication, changements de prix, et parfois des retouches de texte. Visuellement, c’est un peu comme remettre une pièce en ordre avant une visite : tout devient plus lisible, et vous arrêtez de négocier « au feeling ».
Ce que vous pouvez en faire concrètement tient en deux gestes : repérer l’amplitude des mouvements, puis relier ces mouvements au temps de mise en vente. Les variations peuvent aller de micro-ajustements comme 0,10 % à des baisses plus marquées comme 7,02 %, 10,81 %, 15,93 % ou 17,73 %. Une baisse franche n’appelle pas la même offre qu’un prix qui bouge à peine : l’équilibre visuel de la négociation change, parce que votre interlocuteur a déjà acté (ou non) l’idée de descendre.
Astuce
Autre signal utile : certains mots dans la description peuvent pointer un contexte de vente plus tendu, comme « urgent », « succession » ou « mutation ». Ce n’est pas une preuve en soi, mais combiné à un historique et à un temps de marché qui s’allonge, cela peut vous aider à formuler une offre mieux argumentée, plus calme, et souvent mieux reçue.
- Quand l’historique montre une baisse nette : ancrez votre discussion sur les dates et le dernier palier de prix, en demandant ce qui a changé depuis la mise en vente.
- Quand l’historique montre des micro-ajustements : restez prudent, le vendeur peut être dans une logique de test, et il faudra davantage recouper avant d’avancer un chiffre.
- Quand le texte bouge : notez ce qui a été ajouté ou retiré, cela peut éclairer les objections rencontrées en visite.
Le « bien mort » : une notion simple pour cadrer une offre
Castorus devient intéressant quand vous l’utilisez pour qualifier le temps de mise en vente. Une définition opérationnelle citée parle d’un bien en vente depuis 2 fois la durée normale du secteur. Dans ce cas, la négociation peut devenir plus réaliste, parce que le marché a déjà répondu, et que le vendeur a souvent eu le temps de se confronter au manque de visites ou d’offres.
Les fourchettes mentionnées pour se repérer : 5 à 15 % selon la situation, et 8 à 15 % souvent évoqués pour les « biens morts ». L’idée n’est pas de lancer un pourcentage comme une formule magique, mais de construire une justification : baisses successives visibles, durée sur le marché, puis comparaison avec DVF et des annonces concurrentes. Sur le terrain, c’est ce mélange qui rend une proposition défendable sans crispation.
Petite anecdote : il m’est arrivé de voir des acheteurs passer des heures à choisir la couleur d’un canapé avant même d’avoir sécurisé le prix d’achat. Avec un historique sous les yeux, on revient à l’essentiel : d’abord la négociation et le bon dosage entre style de vie futur et budget réel, ensuite seulement les envies déco.
Installation et compatibilités : vérifier en 2 minutes si Castorus fonctionnera
Pour l’usage, retenez surtout qu’il existe un mode extension et un mode site. L’extension repose sur une logique communautaire : les annonces consultées alimentent l’historique. Le site permet, via la saisie d’une URL, de retrouver un historique si l’annonce est déjà « connue ». Conséquence très concrète : plus vous (et d’autres) consultez, plus la base est riche, avec des biais possibles selon les zones.
Côté repères affichés : l’extension est donnée pour environ 4 868 utilisateurs. Des notes et avis sont indiqués selon navigateur : 3,6 sur 5 avec 131 avis sur Chrome, et 4,1 sur 5 avec 78 avis sur Firefox. Des métadonnées sont aussi mentionnées : version 5.22 et 180,13 Ko.
Sur mobile, une compatibilité est mentionnée avec Firefox for Android à partir de la version 54. Et depuis la version 2.1, il est fait mention de l’intégration d’un analyseur de prix, à comprendre comme une aide à l’interprétation, pas comme une estimation qui remplace vos recoupements.
Portails compatibles et attentes réalistes
Castorus est cité comme compatible avec plusieurs portails : SeLoger, Bien’ici, ExplorImmo, Immonot, AVendreALouer, Logic Immo. Une incohérence est relevée entre des sources parlant de 4 portails et d’autres listant 6, ce qui pousse à vérifier la liste officielle au moment où vous installez.

Point à connaître avant de bâtir une stratégie : les sites de particuliers type LeBonCoin ne sont pas pris en charge depuis 2017, avec une mention liée à la protection des données personnelles. Si votre recherche dépend beaucoup de ce type de site, vous éviterez une bonne dose de frustration en le sachant dès le départ.
Comment les données sont collectées, et pourquoi l’historique peut être incomplet ?
Le fonctionnement communautaire est à double tranchant. D’un côté, il donne des historiques très utiles là où le trafic est important. De l’autre, il peut laisser des angles morts sur des micro-marchés. Un délai moyen de mise à jour est mentionné : 2 à 3 heures pour les nouvelles annonces. Ce n’est pas du temps réel, et ce détail compte quand vous surveillez une annonce convoitée.
Bon à savoir
Autre limite : le relisting, quand une annonce est republiée par un vendeur ou une agence. La détection est signalée comme imparfaite, avec des effets possibles : remise à zéro de l’historique, baisse masquée, changement d’URL. Si vous négociez, ce sont typiquement les situations où l’outil peut séduire visuellement, mais où l’usage doit suivre avec des vérifications.
Pour éviter de vous faire piéger, le bon réflexe est de recouper : garder des captures, regarder DVF, consulter Pappers Immobilier, et archiver vous-même ce que vous suivez (un simple tableur suffit). Dans une logique d’ensemble, cette hygiène de suivi rend la recherche plus apaisée, et vous évite de fonder une offre sur un signal fragile.
- Test rapide de couverture locale : choisissez 20 à 30 annonces sur des portails compatibles, réparties sur 2 à 3 communes.
- Ce que vous mesurez : présence d’un historique, profondeur (nombre d’événements), cohérence des dates et des prix.
- Décision d’usage : si les historiques sont rares ou incohérents, limitez-vous à un usage ponctuel gratuit et recoupez davantage.
Gratuit ou Premium : ce que vous payez vraiment
La version gratuite existe, mais elle est vite plafonnée si vous cherchez sérieusement. Les limites annoncées : 15 historiques pour les non inscrits, et 30 historiques sur 7 jours pour les utilisateurs inscrits. Dès que vous suivez plusieurs communes, que vous faites une veille sur la durée, ou que vous voulez consolider proprement vos informations, ces plafonds peuvent coincer.

- Vous cherchez sur des portails compatibles et sur un secteur assez “actif” : les historiques sont plus souvent exploitables.
- Vous utilisez l’historique comme support de discussion (dates + paliers), puis vous recoupez avant de chiffrer une offre.
- Votre recherche implique de suivre beaucoup d’annonces sur plusieurs semaines : les plafonds de la version gratuite deviennent vite un frein.
- Vous souhaitez objectiver un “bien mort” (durée + baisses successives) pour cadrer une offre réaliste.
- Votre sourcing dépend beaucoup de sites de particuliers (ex. LeBonCoin) : l’outil ne couvre pas ce pan depuis 2017.
- Vous êtes sur un micro-marché : absence d’historique ≠ “bien tout juste mis en vente”, parfois c’est juste peu consulté.
- Risque de relisting (republication/changement d’URL) : l’historique peut repartir à zéro et masquer des baisses précédentes.
- Vous vous reposez sur Castorus seul : sans DVF/PATRIM et vérifs sur le portail, une offre peut être mal calibrée.
Pour le Premium, les prix cités varient selon les sources : 29,90 EUR par mois, 30 EUR par mois, et une mention à 23 EUR par mois. Des forfaits sont également mentionnés : 1 mois 30 EUR TTC, 3 mois 79 EUR TTC (soit 26,30 EUR par mois), 6 mois 138 EUR TTC (soit 23 EUR par mois). D’autres montants apparaissent (9 EUR, 19 EUR, 24 EUR) mais ils sont à interpréter comme des promotions ou des tableaux comparatifs, et surtout à vérifier sur la page officielle et ses conditions au moment de souscrire.
La question utile n’est pas « est-ce cher », mais « est-ce que cela m’évite une mauvaise décision ou me donne un levier de négociation ». Un repère revendiqué évoque un gain moyen additionnel premium de 2,3 %, et un exemple annoncé de 8 000 EUR d’économie moyenne supplémentaire sur un bien à 350 000 EUR. Un autre chiffre revendiqué parle de 18 500 EUR d’économie moyenne par acquisition pour des clients accompagnés, à prendre comme un résultat interne non vérifié. Dans la pratique, un abonnement autour de 30 EUR par mois peut s’amortir dès qu’une négociation gagne quelques centaines d’euros, mais cela dépend de la fiabilité des signaux dans votre zone et du volume d’annonces que vous suivez.
Les recoupements minimum avant une offre (même si l’historique est beau)
Quand une annonce a une histoire, l’ambiance de la négociation change, mais votre discipline doit rester la même. Avant d’avancer un prix, recoupez avec DVF (via Etalab, mentionné comme source de référence des transactions) et PATRIM. Une restriction mentionnée parle d’un accès DVF sur les 5 dernières années. Un indicateur annoncé de fiabilité DVF intégrée est donné à 89 %, présenté comme un chiffre revendiqué à recouper, avec une précision réputée meilleure en grandes agglomérations et moindre en rural.
Si vous utilisez Pappers Immobilier, un chiffre déclaré mentionne 28 millions de transactions DVF depuis 2014, utile pour recherches et croisements. Et pour PATRIM, il est mentionné 50 consultations gratuites par trimestre pour comparer des ventes proches. Ensuite, revenez au concret : vérifiez l’annonce sur son portail d’origine, cherchez d’éventuels doublons, et confirmez la cohérence des éléments qui font le prix (surface, adresse approximative, étage, extérieur). Enfin, intégrez les travaux et contraintes (diagnostics, copropriété) dans votre prix cible : c’est souvent là que l’ambiance se joue entre une offre « agressive » et une offre simplement bien posée.
Confidentialité : ce que l’extension peut voir, et ce que vous pouvez contrôler
Installer une extension, c’est aussi accepter des permissions. Des autorisations listées incluent : gérer les thèmes et surveiller l’utilisation des extensions, accéder aux onglets, accéder aux données pour tous les sites web. Une donnée déclarée mentionne l’activité de navigation, ce qui peut se traduire concrètement par les URLs visitées et le contexte de navigation, techniquement nécessaires au suivi d’annonces.
Si vous voulez une maison plus facile à vivre, vous faites le tri dans ce qui encombre. Pour votre navigateur, c’est pareil : vérifiez les paramètres de l’extension et limitez l’accès aux sites si votre navigateur le permet, observez les requêtes réseau via les outils développeur pour repérer les domaines contactés lors de la visite d’une annonce, et désinstallez proprement en supprimant les données associées si c’est proposé.
Enfin, si vous cherchez une réponse écrite sur les données collectées, vous pouvez demander : quelles données exactes, durée de conservation, finalités, base légale, sous-traitants, modalités d’accès et d’effacement. Il est aussi possible de demander une clarification sur l’arrêt de la prise en charge de LeBonCoin depuis 2017 et sa justification liée aux données personnelles. Un relais de contact est mentionné dans certaines sources (Maison-vendre.fr, 09 72 15 84 93 et messagerie@maison-vendre.fr), à utiliser comme piste de demande d’information sans le considérer comme un support officiel si ce point n’est pas confirmé.
Questions fréquentes
