Pour être en règle en logement neuf, il faut viser les bons niveaux d’isolement, savoir quand une attestation acoustique est exigée, et organiser la preuve au bon moment. Le confort d’usage au quotidien compte, mais sur une opération, c’est la conformité en fin de parcours qui vous rattrape : dossier, mesures et DAACT. Et l’acoustique « NRA » ne se confond ni avec les bruits de voisinage, ni avec l’isolement au bruit des transports.
L'article en bref
- NRA : applicable aux permis/déclarations déposés à partir du 1er janvier 2000 ; l’attestation s’ajoute selon typologie et date du permis.
- Attestation obligatoire depuis le 1er janvier 2013 (collectifs et maisons accolées) et étendue au 1er janvier 2025 pour certaines maisons non accolées en secteurs exposés (avec une exception pour le propriétaire occupant).
- Seuils clés à vérifier : DnT,A selon pièces (≥ 53/55/58 dB), L’nT,w ≤ 58 dB, équipements ≤ 35 dBA (pièces à vivre) / ≤ 50 dBA (pièces d’eau et service), et DnTA,tr jamais < 30 dB (jusqu’à 45 dB selon exposition).
- Pour une attestation recevable, la preuve se prépare : bon formulaire (annexe 1/2), constats études + chantier, et mesures in situ obligatoires à partir de 10 logements avant dépôt de la DAACT.
Quel est votre cas d’application, et à partir de quand l’attestation est obligatoire ?
La NRA (arrêtés du 30 juin 1999) vise les bâtiments d’habitation neufs, pour toute demande de permis de construire ou déclaration de travaux déposée à compter du 1er janvier 2000. L’attestation acoustique s’ajoute ensuite selon la typologie et la date du permis.

- Permis déposé à compter du 1er janvier 2013 : bâtiments d’habitation collectifs et maisons accolées en bande, avec attestation à fournir.
- Extension au 1er janvier 2025 : maisons individuelles non accolées près d’infrastructures classées ou en zones de plan d’exposition au bruit, sauf propriétaires occupants construisant ou améliorant pour leur propre usage.
- En pratique, cela vous amène à choisir le bon périmètre : « constructions collectives et maisons accolées » d’un côté, « maisons non accolées en secteurs exposés » de l’autre.
Sur chantier, l’ambiance d’un logement bascule souvent juste parce qu’un détail de jonction est traité « comme un lot séparé ». En acoustique, la pièce respire mieux quand la coordination est réellement tenue, pas quand on additionne des fiches produits.
Textes utiles : le socle, puis l’attestation
Pour piloter une opération sans vous perdre, gardez une chronologie courte : les arrêtés du 30 juin 1999 comme base (applicables aux permis dès 2000), la circulaire du 28 janvier 2000 pour les précisions d’application, puis le cadre de l’attestation avec le décret 2011-604 du 30 mai 2011 et l’arrêté du 27 novembre 2012. Les modèles ont évolué via le décret n°2023-1175 du 12 décembre 2023 et l’arrêté du 26 décembre 2023. Les formulaires d’attestation concernent les DAACT déposées depuis le 1er janvier 2025.

Exigences acoustiques à viser : ce que vous devez vérifier
Les exigences se lisent par familles : bruits aériens entre locaux, bruits d’impact des planchers, bruits des équipements, et bruits extérieurs liés aux transports. Les valeurs varient selon pièces et configurations, l’objectif est de vous caler sur les textes et sur le contexte d’exposition.
Bon à savoir
- Bruits aériens intérieurs : indicateur DnT,A, avec des seuils DnT,A ≥ 53 dB, 55 dB ou 58 dB selon les pièces. Points sensibles : transmissions latérales, jonctions, percements, boîtiers électriques, continuité des doublages.
- Bruits d’impact : L’nT,w ≤ 58 dB. La performance se joue dans la continuité du matériau résilient sous revêtement, les relevés périphériques, les bandes résilientes et les seuils.
- Équipements : ≤ 35 dBA en pièces à vivre, ≤ 50 dBA en salles d’eau et pièces de service. Vigilance sur supports antivibratiles, désolidarisation, traversées, réglages de débits de ventilation.
Pour l’extérieur, l’isolement vis-à-vis des transports n’est jamais inférieur à 30 dB avec DnTA,tr ≥ 30 dB. Selon le classement d’exposition, l’exigence peut monter jusqu’à 45 dB. Les secteurs affectés par le bruit s’apprécient via le classement des infrastructures, et des études d’exposition peuvent devoir être approuvées par la DREAL lorsqu’elles sont requises.
Attestation acoustique : formulaire, mesures et preuves attendues
Le point qui change vraiment votre organisation est simple : la conformité n’est pas « présumée » par des solutions types. Quand elles sont requises, les mesures a posteriori in situ font foi, et l’attestation s’appuie aussi sur des constats en études et en chantier.
Choisissez le bon formulaire : annexe 1 pour bâtiments collectifs et maisons accolées (contiguës, superposées, ou superposées à un local d’activité), annexe 2 pour maisons individuelles non accolées en secteurs exposés ou en zones de plan d’exposition au bruit.
- Mesures obligatoires à partir de 10 logements : prévoyez l’acousticien, l’accès aux logements représentatifs, et une marge de corrections avant livraison.
- Dossier solide : constats de conception, constats de mise en œuvre (traçabilité, photos, fiches produits, documents attestant la mise en œuvre), puis rapport de mesures si le seuil est atteint.
- Dépôt : l’attestation est jointe à la DAACT, avec le modèle correspondant aux DAACT déposées depuis le 1er janvier 2025.
Pour gagner du temps côté administratif, la plateforme Attestations-construction permet de générer et signer en ligne. Et si un contrôle des règles de construction intervient, ce sont vos preuves (mesures, constats, traçabilité) qui protègent l’opération : le rendu peut séduire, mais l’usage doit suivre, et la conformité aussi.
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